Décès accidentel de Gonzague Saint-Bris :

la perte d’un ami.

 

C’est avec incrédulité d’abord, puis stupeur et une profonde tristesse que j’ai appris, tôt mardi matin, le décès brutal de Gonzague Saint Bris, après un accident de voiture survenu peu après minuit, sur la route départementale qu’il connaissait bien, entre Pont-l’Evêque et Annebault. A quelques kilomètres de son Cabourg…

Cet homme gai, original, dynamique, était un amoureux de la station balnéaire où il avait passé de nombreux étés durant sa jeunesse, à la villa Berthier, à l’angle de l’avenue Mermoz et de l’avenue de la Paix. Il aimait raconter ces temps d’insouciance et ses souvenirs d’enfant « en villégiature » avec sa grand-mère, lorsqu’il quittait, l’été, le Clos Lucé, à Amboise, la demeure familiale. Prélude à son amour de Proust ?

Lors du premier mandat de Bruno Coquatrix, il avait été l’initiateur du Festival du Film romantique. Avec beaucoup de plaisir, d’enthousiasme même, et de fidélité, il a assisté à chacune des trente et une éditions.

Gonzague Saint Bris était surtout connu par le grand public pour sa passion de l’histoire qu’il racontait avec sa voix inimitable, chantante et douce, posée, lente, très articulée. C’était un habitué de la radio et de la télévision.

C’était aussi l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, surtout des biographies, qui ont connu un joli succès, certains récompensés par des Prix littéraires comme Les Vieillards de Brighton (prix Interallié 2002).

Son prochain livre, dont il m’avait parlé avec enthousiasme, il y a tout juste un mois, lors du cent dixième anniversaire du Grand Hôtel de Cabourg, Les Aristocrates rebelles, sortira en librairie dans 21 jours, le 30 août. Sans lui…

Il avait aussi fondé, et il en était très fier, en 1995, la Forêt des Livres, un festival littéraire de renommée internationale, qui se déroulera pour la vingt-deuxième fois fin août, au cœur du village forestier de Chanceaux-près-Loches, dans sa chère Touraine.

Il aimait passionnément Proust. Il avait beaucoup apprécié la création, en 2000, du Cercle Littéraire proustien de Cabourg-Balbec et avait participé à diverses manifestations, notamment les premiers Balbecs normands.

Lorsque nous avons créé le Prix de la Madeleine d’Or, c’est tout naturellement que nous lui avons demandé de faire partie du Jury.

Je garde le souvenir personnel d’un homme plein d’humour, passionné, au sourire malicieux, pétri de culture. Il adorait l’ambiance du Grand Hôtel où il venait très souvent se ressourcer. A peine arrivé, quelle que fût l’heure ou la saison, il se changeait, traversait le hall dans un peignoir blanc, les pieds dans des sandales, et descendait à la plage pour se baigner. C’était son grand plaisir.

Il y a deux ans, il avait réalisé un reportage avec un drone sur Cabourg et sa région. Je l’avais accompagné pendant les deux jours de tournage au cœur du Pays d’Auge, à Douville, et à l’église de Dives, mais surtout dans l’Aquarium, le Hall, les salons du Grand Hôtel. Il s’amusait comme un enfant des images étonnantes obtenues.

Et puis, il aimait arpenter, d’un pas lent, s’arrêtant fréquemment (comme Marcel asthmatique) la Promenade Marcel Proust, qu’il contemplait aussi de la fenêtre de la chambre 414, que la direction de l’hôtel lui réservait avec bienveillance.

 

Nous ne le reverrons plus à Cabourg. Si la ville a perdu un de ses meilleurs ambassadeurs, le Cercle a perdu un de ses membres les plus brillants. J’ai aussi perdu un ami fidèle.

Au nom de vous tous, Chers Amis du Cercle, je présente mes condoléances émues les plus sincères et les plus vives à sa famille, à ses proches, et à Alice Bertheaume, sa compagne, si attentive, grièvement blessée dans l’accident, à qui nous souhaitons un prompt et complet rétablissement.

 

Jean-Paul Henriet

Président du Cercle Littéraire Proustien de Cabourg -Balbec

Cultivé, spirituel, romanesque, original, parfois extravagant, Gonzague St Bris était une figure familière du monde des lettres. Véritable passeur, il avait fait de son goût pour l’histoire et les biographies littéraires une spécialité. Il a signé une cinquantaine d’ouvrages consacrés à Léonard de Vinci, Alfred de Musset ou Honoré de Balzac.  Le public adorait l’entendre les raconter de sa voix sonore et les mettre en scène avec talent. Sa haute silhouette, sa chevelure léonine  et son allure de dandy étaient célèbres. Il avait du panache et savait en jouer. Il était l’acteur de son propre personnage, qu’il monte sur une chaise à la fin d’un repas dans un Salon du livre pour déclamer un poème ou traverse le hall du Grand Hôtel de Cabourg en peignoir, impérial, après son bain rituel dans la Manche. Mais ce qui n’était pas joué, c’était sa gentillesse, réelle, sa curiosité, son inventivité,  son amour de la littérature, son intérêt pour les autres et sa générosité. Très attaché à la ville de Cabourg, il y avait créé le Festival du film romantique et était membre du jury du Prix du Cercle littéraire proustien. Nous nous associons de tout cœur à la peine de ses amis et de ses proches face à ce décès brutal, dernier coup de théâtre tragique d’une vie qui n’en manqua pas.

 

Evelyne Bloch-Dano

Présidente du Jury du Prix du Cercle Littéraire Proustien de Cabourg-Balbec

Lancement de la souscription pour le projet de musée Belle Epoque

Rediffusion de l'émission Invitation au voyage Cabourg et Proust

Disparition de Claude Contamine

Qu'est-ce qui faisait courir Proust, article en ligne du Point avec Jean-Paul Henriet

Marcel Proust dans un film de mariage de 19O4, celui d'Elaine Greffulhe et d'Armand de Guiche ...

Disparition de Michel Blain : Un grand ami du Cercle littéraire Proustien nous a quittés ...                                                           

Le duel Marcel Proust - Jean Lorrain

par Jacques Falce,

 

Le mercredi 3 février 1897 le journaliste Jean Lorrain écrivit un article virulent dans sa rubrique '' Pall Mall '' pour  '' Le Journal '', se moquant de Proust et de ses amis en attaquant '' Les Plaisirs et les Jours ''. Après avoir tourné en dérision Anatole France pour avoir écrit la préface et tourné en ridicule les dessins de Madeleine Lemaire, Lorrain lançait sa flèche la plus empoisonnée : '' Soyez assurés '' - il alertait ses lecteurs - '' que pour son prochain livre, M. Marcel Proust obtiendra une préface de M. Alphonse Daudet... qui ne pourra pas refuser cette préface soit à Madame Lemaire soit à son fils Lucien ''…

Devant les implications scandaleuses de Lorrain, Proust savait qu'il n'avait pas le choix ; il devait protéger l'honneur familial en provoquant le chroniqueur en duel. Malgré son état nerveux et souffreteux, il ne recula pas de s'exposer lui même au danger ou même à la mort. Quand il était provoqué Proust pouvait être emporté...

Pour les préparatifs de ce duel avec Lorrain,  ...   suite 

Gare de Dives-Cabourg 1907- Coll. privée tous droits réservés

Liste de présélection pour le prix du cercle littéraire proustien 

8 ouvrages sélectionnés )

Marcel Proust, Ruskin et la cathédrale d'Amiens,

Marcel Proust n’a jamais foulé le sol de l’Angleterre, pas plus qu’il ne parlait un mot d’anglais. L’écrivain s’est même opposé de son vivant à la traduction de son œuvre qui, selon lui, en aurait été déformée. Homme de toutes les contradictions, Marcel Proust s’est pourtant lancé dans une entreprise surprenante : la traduction depuis l’anglais des écrits esthétiques de John Ruskin alors même qu’il maîtrisait mal la langue. En cela il fut aidé par sa mère et quelques amis. Par ailleurs, la préface que Proust consacre à « La Bible d’Amiens »  éclaire non seulement la pensée de Ruskin, mais aussi sa propre pensée et sa conception de l’art. Au fil de la lecture s’esquisse les préoccupations de Proust sur l’esthétique et la place qu’il donnera à l’art dans ses ouvrages. John Ruskin se mue en révélateur de la pensée proustienne et son influence marque incontestablement « La Recherche du temps perdu ». Voyons comment ...

 

                                                       Suite sur le blog d'Armelle Barguillet- Hauteloire...

Lettres de référence de Marcel Proust

Nouvelle rubrique coordonnée par Jean-Paul Henriet

Seront présentées des correspondances marquantes dans la vie et l'oeuvre de Marcel Proust

 

 

Louisa de MORNAND à Marcel Proust

 

Casino et Etablissement Thermal de Vichy, le 13 juillet (1904)

 

J’étais heureuse, vous le savez Marcel, vous mon meilleur ami. J’adorais Louis, et malgré tout je faisais encore de beaux rêves pleins de bonheur pour l’avenir. Or, ce matin… Mon Dieu, quand je pense que toutes mes illusions existaient encore ce matin et que maintenant je ne sais rien, je ne vois rien, j’ignore où je vais et vers qui je vais. Eh bien ce matin, j’ai reçu de Louis une lettre de huit pages où il ne me disait pas une parole sur ma santé, sur moi enfin. Cette lettre ne parlait que de son mariage, il ne cessait de me répéter qu’il fallait garder le silence sur nos relations, et qu’il lui avait été dit que j’avais raconté à quelqu’un qu’il m’écrivait encore. Comme il m’est impossible de parler de lui sans éclater en sanglot, vous voyez bien vous-même que je ne pouvais me risquer à cela dans mes conversations, ce qui fait donc que le nom de Louis n’a pas été prononcé une seule fois ici si ce n’est avec ma famille. Mais une fois, j’étais dans les salons du Cercle, je me suis aperçue qu’un groupe de personnes parlaient de moi et en passant à côté d’eux j’ai entendu ceci ; voilà plusieurs années qu’ils sont ensemble, il va épouser la petite Massena mais je crois que sa maîtresse ne le sait pas.

Ils ne m’ont pas vue quand j’ai passé près d’eux.

Mon petit Marcel, vous à qui avant de partir je faisais tant l’éloge de celui que j’appelais mon Louis, c’est à vous maintenant que je viens confier toutes mes désillusions. Louis ne m’a même pas dit un mot de tendresse à la fin de sa lettre. Non vous ne pouvez vous douter de ce qu’est mon chagrin et mon désespoir. Je suis comme un navire sans voiles, je ne sais où diriger mes idées, je n’aurais jamais cru qu’il se désintéresserait si vite de moi pour tant s’intéresser à elle. Qu’a-t-elle donc mon Dieu ? Ma vie vient de changer tout à fait je n’ai plus ni goûts ni désirs. Me comprendrez-vous Marcel ?

A vous toutes mes plus chères pensées.

 

Louisa

 

Vers la rubrique Lettres de référence ...

   

« Comment va la Charité de Giotto ? »           Et… la  Laitière de Vermeer ?

par Annick Polin

(article 3/3)

 

Si les « fragments du monde » et les activités sélectionnés par Vermeer  réfèrent à la Hollande du XVIIème siècle, autre chose nous retient : " l'impression particulière que la couleur [et que la lumière] produit "                                                                                                       

Cette lumière, incarnée par la couleur, qui, dans La Liseuse à la fenêtre par exemple, sculpte le front de la lectrice et la lettre elle-même comme en un lien réflexif, contribue à capter notre attention et à nous faire vivre  à notre tour la concentration  de la dentellière, de la laitière, de la femme à la lettre ou  à la balance.

De la scène de genre, on passe ainsi à l’allégorie de l’Attention, et par là à la peinture d’histoire, porteuse d’un message.

Ainsi en est-il de La Laitière qui s’inscrit dans la densité du réel, avec la présence très matérielle du mur, de la nature morte et du tablier bleu. A la différence de certains critiques qui se projettent dans l’étape suivante de la recette du pain perdu, elle est toute entière absorbée dans son geste de fille de cuisine, toute entière présente  à l’écoulement maîtrisé du lait. Rien d’autre que le juste geste, ici et maintenant. Et le titre donné au tableau atteste bien le symbole nourricier qu’on lui attribue.

                                                                                                                 suite

Pourquoi les français ont-ils toujours adoré les duels ?

L'allée des duels à Villebon - Collection privée Jean-Paul Henriet

Le « duel » entre les deux tours de la présidentielle n’est pas à fleuret moucheté. Comme d’autres duels de l’histoire de France, de Marcel Proust à Gaston Defferre. Jean-Paul Henriet, ex-maire de Cabourg et président du Cercle proustien de Cabourg-Balbec, s’est amusé à en faire l’histoire.

 

Entretien  avec Jean-Paul Henriet  (Ouest-France 3 mai 2017)

 

Il y a cinquante ans, le 21 avril 1967, se déroulait le dernier duel connu en France… [

Oui, la veille, le 20 avril 1967, lors d’un débat agité de politique générale à l’Assemblée nationale. Gaston Defferre, alors maire de Marseille et président du groupe socialiste à l’Assemblée, excédé par les quolibets « fleuris » que lui adresse, depuis son banc, son collègue René Ribière, lui lance, dans un accès de colère : « Taisez-vous, abruti ! »

Ce haut fonctionnaire, préfet hors cadre, député gaulliste depuis 1958, n’apprécie pas. Peu après, dans la Salle des Quatre Colonnes, son honneur bafoué, Ribière exige de Defferre qu’il retire ses propos, ce que ce dernier refuse. Il demande alors réparation et un duel est décidé pour le lendemain. René Ribière, l’offensé, choisit « le fer », c’est-à-dire l’épée. On se battra jusqu’au « premier sang versé » ; les témoins des duellistes devront donc arrêter le combat à la première blessure sanglante. Le monde politique s’agite.

 

Quelle est la réaction des autorités ?

Le Général de Gaulle, président de la République, apprenant la nouvelle, envoie des émissaires pour tenter de résoudre à l’amiable le conflit. Georges Pompidou, Premier ministre, et Jacques Chaban-Delmas, président de l’Assemblée nationale, interviennent discrètement. Mais rien n’y fait.

 

                                                                                                   suite ...

Lettres de référence de Marcel Proust

Nouvelle rubrique coordonnée par Jean-Paul Henriet

Seront présentées des correspondances marquantes dans la vie et l'oeuvre de Marcel Proust

 

3 - Vermeer dans la correspondance de Marcel Proust

 

A Jean-Louis VAUDOYER

 

 (Le samedi 14 mai 1921)

 

Cher ami,

 

Je vous remercie bien tardivement de votre lettre (NOTE : la lettre du destinataire ne nous est pas parvenue. Mais Proust a communiqué à Gallimard le mardi 10 mai 1921, la lettre de Georges de Traz qui l’accompagnait, et que Vaudoyer avait transmise à Proust avec sa lettre. Voir ci-dessus, lettre 137 à Gallimard et sa note 3) et comme je deviens un peu gâteux, je ne sais pas au juste ce que je vous ai dit et crains de me répéter. Pourtant je n’ai pas pu vous parler de votre dernier Ver Meer ne vous ayant pas écrit depuis. Il est merveilleux. Cet artiste de dos qui ne tient pas à être vu de la postérité et ne saura pas ce qu’elle pense de lui est une admirable idée poignante (NOTE : L’Opinion, samedi 14 mai 1921, pp. 542 – 544, article intitulé « Le mystérieux Vermeer III ». on y lit (p. 544) : « Ce mépris du public, ce besoin de rester chez soi, Vermeer l’éprouvait si fortement, si jalousement, qu’il est parvenu à le préserver pour l’avenir ; et la seule apparence mortelle de lui que la postérité possède, c’est un homme assis, qui peint la figure d’un être cher, au milieu de chers accessoires familiers, - mais le peintre nous tourne le dos ». Vaudoyer précise que le tableau en question se trouve à la Galerie Czernin, à Vienne, et s’appelle L’Atelier du peintre. Il en donne la description, et écrit : « Nous tournant le dos, Vermeer est là, peignant cette touchante et douce figure (de sa fille). Il nous permet de savoir comment il se vêtait ; mais son visage nous reste inconnu, comme sa vie, comme sa mort ». Vous savez que Ver Meer est mon peintre préféré depuis l’âge de vingt ans et entre autres signes de cette prédilection (qui me fit envoyer Vuillard chez Paul Baignières (NOTE : Proust répète ce qu’il avait écrit en d’autres termes dans la lettre que nous datons du dimanche 1er mai 1921) j’ai fait écrire par Swann une biographie de Ver Meer dans Du côté de chez Swann (NOTE : Proust avait dit cela aussi dans sa lettre du 1er mai 1921 - lettre 117) en 1912. Dans ma réponse à votre enquête je demandais qu’au lieu des Watteau on demandât aux « Empires centraux » des Ver Meer (NOTE : allusion à une lettre que nous datons des premiers jours de février 1920. Voir Corr. XIX, lettre 36).

Je n’ai pas besoins de vous dire combien la lettre de M. de Traz m’émeut (NOTE : voir ci-dessus, note 2) plus qu’il ne peut même le comprendre car j’ai connu toute sa famille (NOTE 1 ci-dessous) dont les visages chargés d’esprit et de bonté sont au premier rang de mes souvenirs. Je crois que seul Gallimard (qui ne lui demandera certainement aucun droit) pourrait trouver le moyen de lui assurer l’exclusivité. Quand je vous verrai je vous parlerai de ce projet de dictionnaire balzacien (je rougis devant cette comparaison écrasante pour moi). Je crois qu’il ne faudrait pas le faire tout à fait sur le modèle de celui des œuvres de Balzac (NOTE : Répertoire de la Comédie humaine de Balzac, par A. Cerfberr et J. Christophe (1887). Cf. Corr. IV, p. 144, note 4), un peu moins littéral et en laissant une certaine place à l’histoire de impressions. Remerciez Monsieur de Traz de tout mon cœur.

Votre

Marcel Proust

 

Je ne sais si vous avez eu mon livre. Sinon je vous l’enverrai bien entendu.

 

NOTE 1 : Georges de Traz (voir ci-dessus note 3 de la lettre 137 à Gallimard) était le fils aîné d’Edouard de Traz (1833 ? – 1918), ingénieur, qui mourut à Genève à l’âge de 85 ans, au début de novembre 1918 (Le Temps, 3 novembre 1918, p. 3). Proust a dû le rencontrer chez Mme Lemaire. Il avait été président des Tramways du Nord, ainsi que du Dakar Saint-Louis et du Bône – Guelma. Son second fils était Robert de Traz (1884 – 1951), écrivain suisse, né à Paris, qui dirigeait avec Jacques Chenevière la Revue de Genève. Voir Corr. XIX, lettre 154 et sa note 9. – Vers 1893, Proust voyait souvent Jean de Traz qu’il évoque chez les Baignières. Voir Corr. I, lettre 71. Il est né à Paris en 1875, et devint ingénieur. Il était le fils d’Albert de Traz).

 

                   

Le samedi 25 novembre 2017, sera attribué le 9ème prix du Cercle littéraire proustien, Madeleine d'Or

Les adhérents ont lu :

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Saint-Loup de Philippe Berthier, éditions de Fallois

lu par Jacques Falce

 

Philippe Berthier commence son livre agacé par le Dictionnaire amoureux de Proust (Enthoven père et fils) qui ne consacre pas à Robert de Saint Loup (un des plus beaux personnages de la Recherche et le tout premier nom propre rencontré dans le Roman) une entrée spécifique...

Philippe Berthier comble ce vide en proposant une '' biographie '' de Saint-Loup comme s'il s'agissait d'une personne réelle... Grâce à Philippe Berthier on suit la trace de Saint-Loup tout au long du Roman : son apparition inoubliable à Balbec, sa première rencontre avec le Narrateur, dans sa communauté militaire de Doncières, l'ami qui va ouvrir les portes des Guermantes au Narrateur, l'ami le plus cher mais qui finira par s'éloigner, lui l'aristocrate de la tribu Guermantes, le militaire, le cavalier fier, le soldat courageux mort au champ d'honneur, l'amoureux de Rachel, son ambivalence sexuelle (le personnage lumineux de la Recherche contient une part d'ombre que la Recherche livre à demi-mots).                                                      suite 

 

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Le Professeur Marcel Proust    François-Bernard Michel (Gallimard)

lu par Jacques Falce

 

Vous avez bien lu. Pas d'erreur sur le titre. Voici comment commence l'essai littéraire et médical de F.B. Michel pneumologue, spécialiste de l'asthme et des allergies.

Dans son introduction F.B. Michel écrit : « Il faut dépasser certains thèmes rabattus  'Marcel Proust et la médecine' ou bien 'le style de Marcel Proust est-il celui d'un asthmatique ?' pour considérer et montrer comment ses recherches et son insatiable besoin de comprendre l'inscrivent dans un grand mouvement de pensée qui, au tournant du XXème siècle, modifie profondément médecine et littérature.

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lu par Armelle Barguillet-Hauteloire 

 

Marcel Proust parle beaucoup de médecine et de médecins dans sa Recherche. Rien d’étonnant à cela, il était fils et frère de deux professeurs en médecine et, surtout, affligé lui-même d’une maladie qui l’emportera à l’âge de 51 ans : l’asthme allergique. Curieux que deux livres évoquant les relations de Proust avec le monde médical sortent au même moment : celui de Diane de Margerie "A la recherche de Robert Proust" et le très remarquable ouvrage du professeur François-Bernard Michel, président de l’Académie nationale de médecine, pneumologue, poète et écrivain  "Le professeur Marcel Proust".                                                     ...  suite

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A la recherche de Robert Proust de Diane de Margerie,

 

- J'ai lu avec plaisir l'essai de 150 pages de Diane de Margerie " A la recherche de Robert Proust " . L'essai tourne autour de l'absence de Robert, le frère cadet de Marcel , dans la Recherche                                    ... suite  

 

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Marcel Proust, Une vie à s'écrire de Jérôme Picon

En recevant ce livre, j’avoue avoir eu, devant les 600 pages qui attendaient ma lecture, un bref mouvement de recul. Allais-je me lancer dans cette énième biographie chargée,         ... suite   

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Vous avez remarqué des ouvrages qui pourraient concourir, donnez vos impressions de lecture à l'adresse cercle@cabourg-balbec.fr, nous les publierons.

 

                   Plus d'informations sur la Madeleine d'Or ...

Autour de la Comtesse Greffulhe...

Bois Boudran - Chasse à courre - Arrivée de Madame la Comtesse Greffulhe - Collection privée Tous droits réservés

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