Rediffusion de l'émission Invitation au voyage Cabourg et Proust

Qu'est-ce qui faisait courir Proust, article en ligne du Point avec Jean-Paul Henriet

Marcel Proust dans un film de mariage de 19O4, celui d'Elaine Greffulhe et d'Armand de Guiche ...

Disparition de Michel Blain : Un grand ami du Cercle littéraire Proustien nous a quittés ...

                                                                D'autres émissions en replay ...

Liste de présélection pour le prix du cercle littéraire proustien 

8 ouvrages sélectionnés )

Marcel Proust, Ruskin et la cathédrale d'Amiens,

Marcel Proust n’a jamais foulé le sol de l’Angleterre, pas plus qu’il ne parlait un mot d’anglais. L’écrivain s’est même opposé de son vivant à la traduction de son œuvre qui, selon lui, en aurait été déformée. Homme de toutes les contradictions, Marcel Proust s’est pourtant lancé dans une entreprise surprenante : la traduction depuis l’anglais des écrits esthétiques de John Ruskin alors même qu’il maîtrisait mal la langue. En cela il fut aidé par sa mère et quelques amis. Par ailleurs, la préface que Proust consacre à « La Bible d’Amiens »  éclaire non seulement la pensée de Ruskin, mais aussi sa propre pensée et sa conception de l’art. Au fil de la lecture s’esquisse les préoccupations de Proust sur l’esthétique et la place qu’il donnera à l’art dans ses ouvrages. John Ruskin se mue en révélateur de la pensée proustienne et son influence marque incontestablement « La Recherche du temps perdu ». Voyons comment ...

 

                                                       Suite sur le blog d'Armelle Barguillet- Hauteloire...

Dessin de Jacques Falce - Tous droits réservés

Charlus et Jupien

 

(…) Que vis-je ! Face à face, dans cette cour où ils ne s'étaient certainement jamais rencontrés ( M. de Charlus ne venant à l'hôtel Guermantes que dans l'après-midi, aux heures où Jupien était à son bureau) , le baron, ayant soudain largement ouvert ses yeux mi-clos, regardait avec une attention extraordinaire l'ancien giletier sur le seuil de sa boutique, cependant que celui-ci cloué subitement sur place devant M. de Charlus, enraciné comme une plante, contemplait d'un air émerveillé l'embonpoint du baron vieillissant (…)Celui-ci, décidé à brusquer les choses, demanda du feu au giletier, mais observa aussitôt : « Je vous demande du feu mais je vois que j'ai oublié mes cigares ».                                           Suite ...                               

Lettres de référence de Marcel Proust

Nouvelle rubrique coordonnée par Jean-Paul Henriet

Seront présentées des correspondances marquantes dans la vie et l'oeuvre de Marcel Proust

 

 

Louisa de MORNAND à Marcel Proust

 

Casino et Etablissement Thermal de Vichy, le 13 juillet (1904)

 

J’étais heureuse, vous le savez Marcel, vous mon meilleur ami. J’adorais Louis, et malgré tout je faisais encore de beaux rêves pleins de bonheur pour l’avenir. Or, ce matin… Mon Dieu, quand je pense que toutes mes illusions existaient encore ce matin et que maintenant je ne sais rien, je ne vois rien, j’ignore où je vais et vers qui je vais. Eh bien ce matin, j’ai reçu de Louis une lettre de huit pages où il ne me disait pas une parole sur ma santé, sur moi enfin. Cette lettre ne parlait que de son mariage, il ne cessait de me répéter qu’il fallait garder le silence sur nos relations, et qu’il lui avait été dit que j’avais raconté à quelqu’un qu’il m’écrivait encore. Comme il m’est impossible de parler de lui sans éclater en sanglot, vous voyez bien vous-même que je ne pouvais me risquer à cela dans mes conversations, ce qui fait donc que le nom de Louis n’a pas été prononcé une seule fois ici si ce n’est avec ma famille. Mais une fois, j’étais dans les salons du Cercle, je me suis aperçue qu’un groupe de personnes parlaient de moi et en passant à côté d’eux j’ai entendu ceci ; voilà plusieurs années qu’ils sont ensemble, il va épouser la petite Massena mais je crois que sa maîtresse ne le sait pas.

Ils ne m’ont pas vue quand j’ai passé près d’eux.

Mon petit Marcel, vous à qui avant de partir je faisais tant l’éloge de celui que j’appelais mon Louis, c’est à vous maintenant que je viens confier toutes mes désillusions. Louis ne m’a même pas dit un mot de tendresse à la fin de sa lettre. Non vous ne pouvez vous douter de ce qu’est mon chagrin et mon désespoir. Je suis comme un navire sans voiles, je ne sais où diriger mes idées, je n’aurais jamais cru qu’il se désintéresserait si vite de moi pour tant s’intéresser à elle. Qu’a-t-elle donc mon Dieu ? Ma vie vient de changer tout à fait je n’ai plus ni goûts ni désirs. Me comprendrez-vous Marcel ?

A vous toutes mes plus chères pensées.

 

Louisa

 

Vers la rubrique Lettres de référence ...

   

« Comment va la Charité de Giotto ? »           Et… la  Laitière de Vermeer ?

par Annick Polin

(article 3/3)

 

Si les « fragments du monde » et les activités sélectionnés par Vermeer  réfèrent à la Hollande du XVIIème siècle, autre chose nous retient : " l'impression particulière que la couleur [et que la lumière] produit "                                                                                                       

Cette lumière, incarnée par la couleur, qui, dans La Liseuse à la fenêtre par exemple, sculpte le front de la lectrice et la lettre elle-même comme en un lien réflexif, contribue à capter notre attention et à nous faire vivre  à notre tour la concentration  de la dentellière, de la laitière, de la femme à la lettre ou  à la balance.

De la scène de genre, on passe ainsi à l’allégorie de l’Attention, et par là à la peinture d’histoire, porteuse d’un message.

Ainsi en est-il de La Laitière qui s’inscrit dans la densité du réel, avec la présence très matérielle du mur, de la nature morte et du tablier bleu. A la différence de certains critiques qui se projettent dans l’étape suivante de la recette du pain perdu, elle est toute entière absorbée dans son geste de fille de cuisine, toute entière présente  à l’écoulement maîtrisé du lait. Rien d’autre que le juste geste, ici et maintenant. Et le titre donné au tableau atteste bien le symbole nourricier qu’on lui attribue.

                                                                                                                 suite

Pourquoi les français ont-ils toujours adoré les duels ?

L'allée des duels à Villebon - Collection privée Jean-Paul Henriet

Le « duel » entre les deux tours de la présidentielle n’est pas à fleuret moucheté. Comme d’autres duels de l’histoire de France, de Marcel Proust à Gaston Defferre. Jean-Paul Henriet, ex-maire de Cabourg et président du Cercle proustien de Cabourg-Balbec, s’est amusé à en faire l’histoire.

 

Entretien  avec Jean-Paul Henriet  (Ouest-France 3 mai 2017)

 

Il y a cinquante ans, le 21 avril 1967, se déroulait le dernier duel connu en France… [

Oui, la veille, le 20 avril 1967, lors d’un débat agité de politique générale à l’Assemblée nationale. Gaston Defferre, alors maire de Marseille et président du groupe socialiste à l’Assemblée, excédé par les quolibets « fleuris » que lui adresse, depuis son banc, son collègue René Ribière, lui lance, dans un accès de colère : « Taisez-vous, abruti ! »

Ce haut fonctionnaire, préfet hors cadre, député gaulliste depuis 1958, n’apprécie pas. Peu après, dans la Salle des Quatre Colonnes, son honneur bafoué, Ribière exige de Defferre qu’il retire ses propos, ce que ce dernier refuse. Il demande alors réparation et un duel est décidé pour le lendemain. René Ribière, l’offensé, choisit « le fer », c’est-à-dire l’épée. On se battra jusqu’au « premier sang versé » ; les témoins des duellistes devront donc arrêter le combat à la première blessure sanglante. Le monde politique s’agite.

 

Quelle est la réaction des autorités ?

Le Général de Gaulle, président de la République, apprenant la nouvelle, envoie des émissaires pour tenter de résoudre à l’amiable le conflit. Georges Pompidou, Premier ministre, et Jacques Chaban-Delmas, président de l’Assemblée nationale, interviennent discrètement. Mais rien n’y fait.

 

                                                                                                   suite ...

Lettres de référence de Marcel Proust

Nouvelle rubrique coordonnée par Jean-Paul Henriet

Seront présentées des correspondances marquantes dans la vie et l'oeuvre de Marcel Proust

 

3 - Vermeer dans la correspondance de Marcel Proust

 

A Jean-Louis VAUDOYER

 

 (Le samedi 14 mai 1921)

 

Cher ami,

 

Je vous remercie bien tardivement de votre lettre (NOTE : la lettre du destinataire ne nous est pas parvenue. Mais Proust a communiqué à Gallimard le mardi 10 mai 1921, la lettre de Georges de Traz qui l’accompagnait, et que Vaudoyer avait transmise à Proust avec sa lettre. Voir ci-dessus, lettre 137 à Gallimard et sa note 3) et comme je deviens un peu gâteux, je ne sais pas au juste ce que je vous ai dit et crains de me répéter. Pourtant je n’ai pas pu vous parler de votre dernier Ver Meer ne vous ayant pas écrit depuis. Il est merveilleux. Cet artiste de dos qui ne tient pas à être vu de la postérité et ne saura pas ce qu’elle pense de lui est une admirable idée poignante (NOTE : L’Opinion, samedi 14 mai 1921, pp. 542 – 544, article intitulé « Le mystérieux Vermeer III ». on y lit (p. 544) : « Ce mépris du public, ce besoin de rester chez soi, Vermeer l’éprouvait si fortement, si jalousement, qu’il est parvenu à le préserver pour l’avenir ; et la seule apparence mortelle de lui que la postérité possède, c’est un homme assis, qui peint la figure d’un être cher, au milieu de chers accessoires familiers, - mais le peintre nous tourne le dos ». Vaudoyer précise que le tableau en question se trouve à la Galerie Czernin, à Vienne, et s’appelle L’Atelier du peintre. Il en donne la description, et écrit : « Nous tournant le dos, Vermeer est là, peignant cette touchante et douce figure (de sa fille). Il nous permet de savoir comment il se vêtait ; mais son visage nous reste inconnu, comme sa vie, comme sa mort ». Vous savez que Ver Meer est mon peintre préféré depuis l’âge de vingt ans et entre autres signes de cette prédilection (qui me fit envoyer Vuillard chez Paul Baignières (NOTE : Proust répète ce qu’il avait écrit en d’autres termes dans la lettre que nous datons du dimanche 1er mai 1921) j’ai fait écrire par Swann une biographie de Ver Meer dans Du côté de chez Swann (NOTE : Proust avait dit cela aussi dans sa lettre du 1er mai 1921 - lettre 117) en 1912. Dans ma réponse à votre enquête je demandais qu’au lieu des Watteau on demandât aux « Empires centraux » des Ver Meer (NOTE : allusion à une lettre que nous datons des premiers jours de février 1920. Voir Corr. XIX, lettre 36).

Je n’ai pas besoins de vous dire combien la lettre de M. de Traz m’émeut (NOTE : voir ci-dessus, note 2) plus qu’il ne peut même le comprendre car j’ai connu toute sa famille (NOTE 1 ci-dessous) dont les visages chargés d’esprit et de bonté sont au premier rang de mes souvenirs. Je crois que seul Gallimard (qui ne lui demandera certainement aucun droit) pourrait trouver le moyen de lui assurer l’exclusivité. Quand je vous verrai je vous parlerai de ce projet de dictionnaire balzacien (je rougis devant cette comparaison écrasante pour moi). Je crois qu’il ne faudrait pas le faire tout à fait sur le modèle de celui des œuvres de Balzac (NOTE : Répertoire de la Comédie humaine de Balzac, par A. Cerfberr et J. Christophe (1887). Cf. Corr. IV, p. 144, note 4), un peu moins littéral et en laissant une certaine place à l’histoire de impressions. Remerciez Monsieur de Traz de tout mon cœur.

Votre

Marcel Proust

 

Je ne sais si vous avez eu mon livre. Sinon je vous l’enverrai bien entendu.

 

NOTE 1 : Georges de Traz (voir ci-dessus note 3 de la lettre 137 à Gallimard) était le fils aîné d’Edouard de Traz (1833 ? – 1918), ingénieur, qui mourut à Genève à l’âge de 85 ans, au début de novembre 1918 (Le Temps, 3 novembre 1918, p. 3). Proust a dû le rencontrer chez Mme Lemaire. Il avait été président des Tramways du Nord, ainsi que du Dakar Saint-Louis et du Bône – Guelma. Son second fils était Robert de Traz (1884 – 1951), écrivain suisse, né à Paris, qui dirigeait avec Jacques Chenevière la Revue de Genève. Voir Corr. XIX, lettre 154 et sa note 9. – Vers 1893, Proust voyait souvent Jean de Traz qu’il évoque chez les Baignières. Voir Corr. I, lettre 71. Il est né à Paris en 1875, et devint ingénieur. Il était le fils d’Albert de Traz).

 

                   

Le samedi 25 novembre 2017, sera attribué le 9ème prix du Cercle littéraire proustien, Madeleine d'Or

Les adhérents ont lu :

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Saint-Loup de Philippe Berthier, éditions de Fallois

lu par Jacques Falce

 

Philippe Berthier commence son livre agacé par le Dictionnaire amoureux de Proust (Enthoven père et fils) qui ne consacre pas à Robert de Saint Loup (un des plus beaux personnages de la Recherche et le tout premier nom propre rencontré dans le Roman) une entrée spécifique...

Philippe Berthier comble ce vide en proposant une '' biographie '' de Saint-Loup comme s'il s'agissait d'une personne réelle... Grâce à Philippe Berthier on suit la trace de Saint-Loup tout au long du Roman : son apparition inoubliable à Balbec, sa première rencontre avec le Narrateur, dans sa communauté militaire de Doncières, l'ami qui va ouvrir les portes des Guermantes au Narrateur, l'ami le plus cher mais qui finira par s'éloigner, lui l'aristocrate de la tribu Guermantes, le militaire, le cavalier fier, le soldat courageux mort au champ d'honneur, l'amoureux de Rachel, son ambivalence sexuelle (le personnage lumineux de la Recherche contient une part d'ombre que la Recherche livre à demi-mots).                                                      suite 

 

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Le Professeur Marcel Proust    François-Bernard Michel (Gallimard)

lu par Jacques Falce

 

Vous avez bien lu. Pas d'erreur sur le titre. Voici comment commence l'essai littéraire et médical de F.B. Michel pneumologue, spécialiste de l'asthme et des allergies.

Dans son introduction F.B. Michel écrit : « Il faut dépasser certains thèmes rabattus  'Marcel Proust et la médecine' ou bien 'le style de Marcel Proust est-il celui d'un asthmatique ?' pour considérer et montrer comment ses recherches et son insatiable besoin de comprendre l'inscrivent dans un grand mouvement de pensée qui, au tournant du XXème siècle, modifie profondément médecine et littérature.

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lu par Armelle Barguillet-Hauteloire 

 

Marcel Proust parle beaucoup de médecine et de médecins dans sa Recherche. Rien d’étonnant à cela, il était fils et frère de deux professeurs en médecine et, surtout, affligé lui-même d’une maladie qui l’emportera à l’âge de 51 ans : l’asthme allergique. Curieux que deux livres évoquant les relations de Proust avec le monde médical sortent au même moment : celui de Diane de Margerie "A la recherche de Robert Proust" et le très remarquable ouvrage du professeur François-Bernard Michel, président de l’Académie nationale de médecine, pneumologue, poète et écrivain  "Le professeur Marcel Proust".                                                     ...  suite

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A la recherche de Robert Proust de Diane de Margerie,

 

- J'ai lu avec plaisir l'essai de 150 pages de Diane de Margerie " A la recherche de Robert Proust " . L'essai tourne autour de l'absence de Robert, le frère cadet de Marcel , dans la Recherche                                    ... suite  

 

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Marcel Proust, Une vie à s'écrire de Jérôme Picon

En recevant ce livre, j’avoue avoir eu, devant les 600 pages qui attendaient ma lecture, un bref mouvement de recul. Allais-je me lancer dans cette énième biographie chargée,         ... suite   

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Vous avez remarqué des ouvrages qui pourraient concourir, donnez vos impressions de lecture à l'adresse cercle@cabourg-balbec.fr, nous les publierons.

 

                   Plus d'informations sur la Madeleine d'Or ...

Autour de la Comtesse Greffulhe...

Bois Boudran - Chasse à courre - Arrivée de Madame la Comtesse Greffulhe - Collection privée Tous droits réservés

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