Marcel Proust et la grippe

Lettres de référence de Marcel Proust

rubrique coordonnée par le Dr Jean-Paul Henriet

 

PROUST et la GRIPPE

 

 au travers de sa CORRESPONDANCE (années 1917 – 1920)

 

   Nous savons tous que l’une des pandémies de grippe (sans doute de type H1N1) les plus terribles de l’histoire de l’humanité est survenue dans les années 1918 – 1920, faisant un nombre de morts estimé entre 40 et 90 millions. L’interférence avec les opérations militaires de la Grande Guerre, l’absence d’hygiène, la promiscuité, le froid, l’humidité, les transports de masse, la mauvaise alimentation, la proximité d’animaux domestiques… ont très largement contribué à l’expansion mondiale de la « grippe espagnole », que les spécialistes et épidémiologistes pensent aujourd’hui avoir pour origine les Etats-Unis, introduite en Europe par les militaires.

 

   Dès 1916, une curieuse « pneumonie des Annamites » était apparue dans le sud de la France, décimant de façon subite, avec des complications pulmonaires suraiguës, une main d’œuvre et des soldats d’origine indochinoise.

 

  En 1917, une épidémie brutale de grippe était survenue dans l’immense camp militaire construit par les Anglais près de Boulogne-sur-Mer, à Etaples. Il comprenait pourtant le plus gigantesque complexe médical sous tentes jamais construit, avec des « hôpitaux contigus » permettant de soigner jusqu’à 20.000 patients en même temps !

Prémices de l’épidémie qui va éclater dans les premiers mois de 1918 et submerger le monde durant deux ans ?

 

   Durant ces années, Marcel Proust est à Paris, habitué à des infections « grippales » en hiver, venant compliquer son asthme chronique et entraînant fièvre, toux, frissons...

 

   Dans le contexte actuel du coronavirus et du confinement, dont l’absolue nécessité était totalement ignorée il y a cent ans, il nous a paru intéressant de vous proposer, au rythme de deux par semaine, des lettres de Marcel Proust écrites à partir de 1917 dans lesquelles il évoque, avec ses correspondants, ses symptômes personnels, son état, ses inquiétudes, ses espoirs… parfois non sans humour comme dans cette première lettre à son « conseiller financier » Lionel Hauser, datée de fin mars 1917.

Vers la correspondance 1917 - 1918 ...

 

Vers la correspondance 1919 -1920 ...

 

Vers la correspondance 1921 -1922 ...