9 ème prix du Cercle littéraire proustien de Cabourg-Balbec

Le prix Littéraire du Cercle Littéraire Proustien de Cabourg-Balbec a pour objet de couronner un ouvrage de langue française, paru depuis le lancement du Prix précédent et permettant soit la découverte et l’appropriation, soit l’approfondissement de l’œuvre de Marcel Proust...

Il est dénommé "Madeleine d'Or"

Liste de présélection pour le prix du cercle littéraire proustien

(23 juin 2017)  qui sera attribué le 25 novembre 2017

 

Jérôme Bastianelli

Dictionnaire Proust-Ruskin

Classiques Garnier

 

Philippe Berthier

Charlus

Édition de Fallois

 

Thomas Carrier-Lafleur

L'œil cinématographique de Proust

Classiques Garnier

 

Cécile Leblanc

Proust, écrivain de la musique. L'allégresse du compositeur.

Editions Brepols

 

Diane de Margerie

À la recherche de Robert Proust

Flammarion

 

Francois-Bernard Michel

Le professeur Marcel Proust

Editions Gallimard

 

Jérôme Picon

Marcel Proust, une vie à s'écrire

Flammarion

 

Yves Uro

Madeleine Lemaire, une amie de Marcel Proust

Editions L'harmattan

 

Les adhérents ont lu :

 

Saint-Loup  - Philippe Berthier - éditions de Fallois

 

Philippe Berthier commence son livre agacé par le Dictionnaire amoureux de Proust (Enthoven père et fils) qui ne consacre pas à Robert de Saint Loup (un des plus beaux personnages de la Recherche et le tout premier nom propre rencontré dans le Roman) une entrée spécifique...

Philippe Berthier comble ce vide en proposant une '' biographie '' de Saint-Loup comme s'il s'agissait d'une personne réelle... Grâce à Philippe Berthier on suit la trace de Saint-Loup tout au long du Roman : son apparition inoubliable à Balbec, sa première rencontre avec le Narrateur, dans sa communauté militaire de Doncières, l'ami qui va ouvrir les portes des Guermantes au Narrateur, l'ami le plus cher mais qui finira par s'éloigner, lui l'aristocrate de la tribu Guermantes, le militaire, le cavalier fier, le soldat courageux mort au champ d'honneur, l'amoureux de Rachel, son ambivalence sexuelle (le personnage lumineux de la Recherche contient une part d'ombre que la Recherche livre à demi-mots).

Le livre de Philippe Berthier dévoile ''à la loupe '' le caractère de Saint-Loup mais il traite aussi du sujet plus général de l'amitié telle que le Narrateur (et Proust) la conçoit, en particulier dans le chapitre '' pacte avec un voleur '' où pour le Narrateur l'amitié est une ''simulation '' suicidaire...

Pour conclure un bon moment de lecture.

 

Jacques Falce - avril 2017

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Le professeur Marcel Proust  François-Bernard Michel

 

lu par Jacques Falce :

Vous avez bien lu. Pas d'erreur sur le titre. Voici comment commence l'essai littéraire et médical de F.B. Michel pneumologue, spécialiste de l'asthme et des allergies.

Dans son introduction F.B. Michel écrit : « Il faut dépasser certains thèmes rabattus ' Marcel Proust et la médecine ' ou bien ' le style de Marcel Proust est-il celui d'un asthmatique ? ' pour considérer et montrer comment ses recherches et son insatiable besoin de comprendre l'inscrivent dans un grand mouvement de pensée qui, au tournant du XXème siècle, modifie profondément médecine et littérature.

Au fil des ans, l'asthmatique Proust a acquis un savoir médical issu de son privilège familial de fils et frère de professeurs et des nombreuses consultations. Le malade se fait médecin, diagnostique et traite par correspondance une large clientèle jusqu'à se considérer, confie-t-il à Céleste,'' plus médecin que les médecins ''

F.B. Michel souligne que Proust, après avoir été victime des Diafoirus du XIXème siècle, incompétents et nocifs, y compris son père, leur a magnifiquement échappé en lisant et consultant des médecins du XXème siècle, résolus à en finir avec le passé. F.B. Michel confirme qu'au début du XXème siècle, Marcel Proust participe au grand mouvement de la médecine, il s'y intègre et la devance. En médecine il est passé chronologiquement du concept imbécile et insignifiant de nerveux asséné jusqu'à l'écœurement à celui de psychosomatique, avant de s'attacher à l'importance des émotions et des réminiscences surgies de la mémoire involontaire, qui l'amèneront à scruter le pouvoir de l'inconscient dans le fonctionnement humain, considéré dans la santé comme dans la maladie. F.B. Michel conforme l'ordre d'évocation des médecins à celui de leur intervention dans la vie de Proust.

Lorsque Marcel Proust introduit la médecine en littérature il documente son roman, mais surtout dénonce la faillite des médecins dans le domaine où ils devraient exceller, l'essence de leur métier. Pour stigmatiser les carences désastreuses des médecins sur les questions cruciales qu'ils ne se posent pas : qui est-il ce souffrant ? Que répondez vous à ses questions sur la maladie ? Que faites-vous de l'Homme ?

Pour F.B. Michel, Proust professeur sans chaire, est en réalité titulaire de deux chaires, l'une de littérature reconnue, l'autre de médecine qu'il est grand temps de reconnaître.

Tout au long de l'ouvrage on vogue du médical au littéraire comme ce qui s'est passé tout au long de la vie de Proust. On ressent toute la souffrance de Proust et toute son implication littéraire avec un rapport constant à la mort « La mort, Proust se collette avec elle, il ne la nie pas, l'affronte, s'en fait une alliée, commerce difficile mais consenti... »

F.B. Michel nous parle des rôles joués par les métaphores proustiennes notamment celle qui le marqua -: ''Parmi ces métaphores, je mentionne prioritairement celle, magnifique, qui me sidéra, décisive, lumineuse dans la simplicité de ces deux phrases : « on aurait dit, explique le Narrateur dans Le côté de Guermantes qu'une partie de ma poitrine avait été sectionnée par un anatomiste habile, enlevée et remplacée par une partie égale de souffrance immatérielle, par un équivalent de nostalgie et d'amour. Et les points de suture ont beau avoir été bien faits, on vit assez malaisément quand le regret d'un être est substitué aux viscères, il a l'air de tenir plus de place qu'eux, on le sent perpétuellement »- et du rôle qu'il établit avec ses patients asthmatiques (c'est la biblio thérapie du roman du professeur Proust et plus précisément du Temps retrouvé)

J'appréhendais la lecture de l'ouvrage d'un médecin spécialiste (termes médicaux plus ou moins abscons...) mais ce ne fut pas le cas avec F.B. Michel dont l'écriture est très abordable.

Pour conclure cet essai est un essai passionnant qui nous apprend beaucoup sur l'évolution du traitement de l'asthme, sur la complexité de son diagnostic, sur l'importance de la création littéraire, sur le lien entre maladie et écriture.

                                                                               (avril 2017)

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lu par Armelle Barguillet-Hauteloire 

Marcel Proust parle beaucoup de médecine et de médecins dans sa Recherche. Rien d’étonnant à cela, il était fils et frère de deux professeurs en médecine et, surtout, affligé lui-même d’une maladie qui l’emportera à l’âge de 51 ans : l’asthme allergique. Curieux que deux livres évoquant les relations de Proust avec le monde médical sortent au même moment : celui de Diane de Margerie "A la recherche de Robert Proust" et le très remarquable ouvrage du professeur François-Bernard Michel, président de l’Académie nationale de médecine, pneumologue, poète et écrivain  "Le professeur Marcel Proust"

                                   suite sur le blog d'Armelle Barguillet-Hauteloire           

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A la recherche de Robert Proust de Diane de Margerie 

 

- Diane de Margerie vient de publier un ouvrage dont le titre m’a tout de suite interpellée : « A la recherche de Robert Proust ». Qui était Robert Proust, cet homme totalement évincé de « La Recherche », l’œuvre de son frère aîné Marcel Proust, où apparaissent cependant la mère, le père, la grand-mère, la tante et quelques autres personnages qui ont occupé sa vie. Mais son frère, de deux ans son cadet, semble avoir été gommé volontairement de cette longue et pénétrante histoire. 

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- J'ai lu avec plaisir l'essai de 150 pages de Diane de Margerie " A la recherche de Robert Proust " . L'essai tourne autour de l'absence de Robert, le frère cadet de Marcel , dans la Recherche. Cette éviction est matière pour Diane de Margerie à s'interroger sur une telle absence. Mais est-ce vraiment une absence ? Certes Robert est absent dans la Recherche mais il y a tant de " Robert " autour de Marcel dans sa vie que mentionner souvent le prénom de son frère et l'avoir donné à Saint-Loup, l'un des personnages les plus fascinants de l'œuvre pouvait répondre à son étrange disparition de la Recherche et le mot frère revient souvent dans le portrait de Saint-Loup que trace le narrateur. Alors

que Robert Proust se distingue sur le front auquel Marcel ne cesse de faire allusion dans ses lettres , le narrateur commente l'héroïsme de Saint-Loup...

Dans le chapitre " les femmes de Robert " Diane de Margerie  mentionne avec justesse la méchanceté et la bêtise de Marthe , femme de Robert, belle sœur de Marcel, qui jugeait l'œuvre de Marcel scandaleuse , qui se méfiait de Marcel et voulut se débarrasser de tous les documents et objets ayant appartenu à Marcel après sa mort. Marcel n'avait jamais apprécié l'union de Robert avec Marthe, fille de la maitresse de son père Adrien...Pauvre Robert...Pauvre Marcel...Dans le chapitre  " Céleste... " Diane de Marge

rie dépeint l'étonnante Céleste qui " remplace Robert et Maman " . Dans le chapitre " le refus de la médecine " Diane de Margerie met l'accent sur l'importance de Robert comme protecteur de l'ainé même si la chose ne lui fut pas facile à faire car Marcel préférait prendre conseil des collègues de Robert sur la fin de sa vie et derrière son dos...

En résumé un bel ouvrage où l'on perçoit le mélange d'amour, de jalousie et d'admiration de Marcel pour son frère qui lui avait ôté sa position de fils unique...

 

Jacques Falce, janvier 2017

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Une vie à s'écrire de Gaëtan Picon

 

. C’est donc prudemment que j’ai tâté le terrain, m’aventurant avec réticence dans « Marcel Proust, une vie à s’écrire » et séduite d’emblée, je l’avoue, par le savoir-faire de Jérôme Picon qui appréhende Proust selon un angle inédit, celui où il devient en quelque sorte son propre analyste, méthode qui a achevé de réduire à néant mes a priori. Le support de son travail n’étant autre que la correspondance de l’écrivain qui, jour après jour, nous met en contact avec les multiples facettes des personnalités diverses qui sommeillaient en lui et ont donné corps à son œuvre ( le seul corps que Proust ait pleinement occupé ) comme une suite de naissances successives. Certes, sa correspondance n’avait pas été sans nourrir ses prédécesseurs, mais Picon en fait le canevas exclusif de sa longue et pénétrante étude que le titre s'emploie à invoquer : le roman proustien ne fait en définitif que re -écrire l’existence de l’auteur. Si bien qu'un autre titre aurait pu également le définir : « A la recherche du moi perdu ». Ou encore : « A la recherche des moi (s) multiples ».

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Les lettres au Duc de Valentinois