Sortie à Paris le 2 avril 2015

par Catherine Le Gallen

 

La journée commence par la visite de l’exposition 'Jeanne Lanvin' au Palais Galliéra où nous découvrons la somptueuse rétrospective de l’œuvre de cette créatrice, véritable icône de la mode.   Née à la Belle Epoque, Jeanne Lanvin a d’abord été modiste puis couturière pour enfants : des robes de broderie anglaise, de velours, d’organdi, brodées de rosettes en satin témoignent de son talent.

Sa fille lui servait de mannequin et c’est l’image de l’amour d’une mère pour sa fille qui est reproduite sur la boule noire, le fameux flacon de parfum, stylisé par le peintre Paul Iribe.

Des robes du soir des années 20 et 30 sont présentées dans plusieurs  salles. Nous remarquons la pureté des lignes et la fluidité des tissus : crêpe de soie, satin, taffetas rebrodés de perles, strass, ou agrémentés de ruban et de bandes de lamé or ou argent, nous éblouissent.

L’éclairage indirect crée une ambiance de rêve qui fait évoquer Marcel Proust et quand des cartons indiquent que telle ou telle robe a été portée par le Comtesse de Greffulhe, nous  pensons bien sûr à Oriane de Guermantes…

La palette de Jeanne Lanvin est riche et si l’on admire la robe du soir rouge, la robe courte vert-tilleul et les tailleurs beige-rosé, sa couleur préférée reste le bleu qu’elle décline en bleu-roi, saphir, et outremer tirant sur le noir.

Les adhérents du Cercle sont admiratifs de tant de modernité et j’entends dire que l’on porterait volontiers encore aujourd’hui ce fourreau de satin noir muni d’un petit boléro lamé argent !

Nous nous regroupons ensuite autour de Marie-Hélène Azibert et Laurent Fraisse, les dévoués organisateurs de cette journée, pour nous diriger en longeant la Seine vers la Brasserie Lapérouse, sur les quais, non loin du Pont-Neuf.

Ce restaurant, fondé en 1766, a gardé les boiseries et les décors de l’ancien débit de boissons devenu lieu de rendez-vous à la Belle Epoque lorsque les « cocottes » venaient rejoindre des messieurs dans les petits salons particuliers aménagés en conséquence,  et se faire offrir des diamants dont elles vérifiaient la qualité en rayant les miroirs…

Nous déjeunons par petites tables dans une des salles à manger du 3éme étage avec vue sur la Seine. Un tableau représentant le navigateur La Pérouse n’est là que pour rappeler son homonyme qui fut l’un des propriétaires de l’établissement. Le gérant actuel nous fait un bref historique et évoque l’entrée discrète  des sénateurs de la 3ème république par un escalier dérobé venant des caves du restaurant. Monsieur Ezran nous rappelle fort à propos que l’on assiste à l’un de ces diners galants dans le film « Quai des Orfèvres » de Clouzot, revu récemment à la télévision, ainsi que dans les « Secrets d’Histoire » de France 2 consacré aux Courtisanes, reines de Paris.

Sa situation proche du quartier des éditeurs fit aussi de Lapérouse le lieu de rendez-vous du monde littéraire et artistique. Des portraits et photos attestent du passage de Zola, Flaubert, Delacroix, Baudelaire, Victor Hugo…Et encore de nos jours.

Après ce déjeuner gastronomique une petite promenade sur les Quais nous mène au Musée d’Orsay où Laurent nous fait la surprise, qui n’était pas prévue au programme initial, de visiter l’exposition consacrée à Pierre Bonnard.

L’atmosphère créée par ce peintre, un peu en marge des impressionniste, convient bien à cette journée parisienne : Les paysages de Normandie se fondent entre ciels et prairies mouillées, tandis que ses tableaux évoquant la Côte d’Azur éclatent en tons jaunes face à des violets intenses.

Bonnard intimiste est représenté par de nombreux tableaux : Femme à sa Toilette, Déjeuners Champêtres et des scènes familiales.

Il a aussi été tenté par la photographie qui vient de naître et l’exposition nous propose de nombreux clichés pris dès les années 1890, où l’on retrouve l’œil du peintre dans les cadrages et la mise en scène de ses sujets.

La journée se terminera à  l’ «Hôtel SWANN », situé dans le quartier de l’Europe, non loin du Parc Monceau. Le gérant de cet hôtel a fait décorer ce nouvel établissement avec des portraits de Marcel Proust et l’a baptisé du nom du héros du « Côté de chez Swann ».

De nombreux objets dans les chambres, les couloirs ou les salles de bains donnent l’illusion de la présence de personnages de La Recherche.

Le Directeur  reçoit aimablement ses hôtes et se fait un plaisir de leur raconter comment il a conçu son décor.

Une bien belle journée, nous remercions le Cercle Littéraire d’avoir réussi cette cuvée 2015 pleine de charme.

 

Catherine LE GALLEN

13 avril 2015