Journées musicales Marcel Proust 2016

par Annick Polin

 

Tout a été pensé et mis en place pour nos plus grands bonheurs.

Pas de fausse note bien sûr ... pas de temps mort,

Telle est mon impression globale, confirmée à toute occasion pendant les trois jours. Alors  d’abord  un merci très  chaleureux à  Anne-Lise Gastaldi et Pierre Ivanoff de nous avoir ainsi réservé le meilleur : Il n’y a pas eu un détail où le diable puisse se faufiler !

Vendredi,

le «plaisir du texte » à nous offert par Camille Devernantes : c’était comme si Proust était notre compagnon de voyage sur  les lieux de ses villégiatures normandes.

Samedi,

- l’émotion d’entendre, au plus près de sa voix, Clément Hervieu-Léger évoquer Sarah Bernhardt, qu’il côtoie quotidiennement, dit-il, à la Comédie Française ; émotion redoublée de savoir que l’acteur a fait ce voyage proustien juste pour nous : quelques heures plus tard il sera sur la scène de la Comédie Française pour jouer Les Damnés...

- la jubilation à l’évocation de Venise, véritable feuilleté proustien que Luc Fraisse nous donne à savourer avec, en point d’orgue, l’enthousiasme d’une annonciation, celle de la naissance de l’œuvre proustienne !

- une bonne surprise encore avec l’exposition sur la mode féminine au temps de Proust : des vêtements d’époque certes, mais aussi des mannequins dont les visages et les corps étaient adaptés à leur mise : pas de corsage qui flotte parce que le mannequin du XXIème siècle ne le remplit  plus… Un bel hommage tant aux couturiers  qu’aux élégantes salués par Proust.

Dimanche,

Edwige Bourdy et Benoît Urbain nous invitent au café-concert, dont les chansons « se sont remplie[s] du rêve et des larmes des hommes », dit Proust. Ici, par sa gestualité précise et subtile, par sa voix, Edwige Bourdy y ajoute de l’esprit !  Une prestation éblouissante, un vrai cadeau !

Et après cela le souffle coupé d’être emportée par Liszt/Chamayou  comme par la vague du mascaret  par Turner dans  le tableau Quillebeuf, boucle de la Seine.

Et puis  je n’oublie pas non plus charme du Grand Hôtel, le plaisir des rencontres et des bonheurs partagés, et les promenades sur la digue dans la liquide mobilité de la lumière marine.

Alors, je serai au rendez-vous en 2018 !

 

Annick Polin

Conférencière : Parcours croisés Littérature et Peinture

http://annickpolin.wix.com/litterature-peinture

Les Troisièmes Journées Musicales

Marcel Proust à Cabourg   7 – 9 octobre 2016

 

par Jean-Paul Henriet

 

Voilà déjà quatre ans que Pierre IVANOFF et Anne-Lise GASTALDI nous ont conviés, à Cabourg, à la première des « Journées Musicales Marcel Proust », une manifestation d’envergure internationale, associant à la fois musique et littérature, avec pour thème « La mer ». Devant le succès enregistré, deux ans plus tard, en 2014, ils ont choisi « Les Eglises et la Première Guerre Mondiale ». Cette année, le thème, passionnant, était « Proust et les Femmes », ces dernières nous emmenant jusqu’à Venise.

Ce Festival 2016 a tenu toutes ses promesses : choix éclectique des concerts, interprètes de notoriété internationale, conférenciers passionnés et passionnants…

Lors d’une promenade avec lectures et visites sur les pas de Marcel Proust, entre Cabourg et Trouville, avec arrêts à Bénerville, nous avons cheminé sur l’itinéraire que Proust a tant parcouru en coupé, en automobile ou… en rêve…, entre le Grand Hôtel et le Clos des Mûriers et les Frémonts.

Des conférences se succédaient vendredi matin et samedi matin, dans la chambre reconstituée, au 4è étage de l’hôtel, effeuillant les liens étroits entre le Romancier et certaines de ses amies.

En début d’après-midi Luc Fraisse et William Carter, des habitués de Cabourg devenus des amis, ont passionné un auditoire captivé sur respectivement « Proust et Venise » et « Proust et les femmes ».

Les divers Concerts ont été très suivis, au Grand Hôtel comme à l’Eglise. De genres différents, ils ont ravi un public de connaisseurs, proustiens ou pas, qui ont goûté de grands moments d’émotion avec des interprètes exceptionnels.

Pour la première fois, le Festival était « décentralisé ». Beaucoup de participants se sont rendus chez Thalazur pour apprécier les expositions, le film, et le projet pédagogique.

Sans oublier la Mascarade vénitienne qui prêtait à rêver dans les rues de Cabourg et au Grand Hôtel.

On mesure, au lendemain de ce Troisième Festival, le chemin parcouru depuis 2012.

Je voudrais, au nom du Cercle Littéraire Proustien de Cabourg-Balbec et en mon nom personnel, exprimer à Anne-Lise, à Pierre et à leur équipe tous nos compliments et nos félicitations pour organiser, à Cabourg, un événement culturel d’une telle dimension. Je mesure l’engagement dont ils font preuve, pendant deux ans, pour nous proposer une telle qualité musicale et littéraire, surtout en cette période où les aides des Collectivités déclinent fortement.

Leur volonté et leur passion sont totales, sans lesquelles ce Festival n’aurait pas lieu. Qu’ils en soient très sincèrement et chaleureusement remerciés.

Ils servent la musique, ils servent la littérature mais ils servent aussi… Cabourg-Balbec.

 

Vivement octobre 2018 !

Jean-Paul Henriet

Les Troisièmes Journées Musicales

Marcel Proust à Cabourg   7 – 9 octobre 2016

par Jacques Falce

 

Ces 3ièmes  Journées organisées par Les Amis de Vinteuil ont eu lieu les 7,8 et 9 octobre. Elles ont célébré les femmes et nous ont fait voyager jusqu'à Venise. Un riche programme de concerts lectures, de conférences, d'expositions était proposé après un circuit culturel sur les pas de Marcel Proust qui avait l'habitude de rendre des visites fréquentes à ses amis résidant à Bénerville (Gaston Gallimard, le Duc de Guiche, Louisa de Mornand) ou à Trouville (Mme Straus, la famille Finaly).

 Si l'on a aperçu, de la plage de Bénerville, la villa ''Mon Rêve'' où séjourna le Duc de Guise, les autres résidences, celles qui existent encore, étaient cachées des regards par la végétation. A Trouville, après un arrêt aux Roches Noires où Marcel séjourna avec sa mère, passage sur les hauteurs devant Le Clos des Muriers et La Cour Brûlée (Mme Straus), la récompense au sommet de la colline fut la Villa des Frémonts (famille Finaly) à laquelle le propriétaire permit d'accéder, Les Frémonts qui ont posé pour La Raspelière de La Recherche, la propriété que les Cambremer louent aux Verdurin et où ceux-ci découvrent de si belles ''vues'' sur la vallée et sur la mer, comme nous  proustiens avons pu les découvrir avec beaucoup d'émotion...

Parmi les concerts, sont à mentionner au Grand Hôtel le concert d'ouverture qui fut un grand moment avec le trio George Sand (piano, violon , violoncelle) jouant Schumann, Mozart, Mahler illuminé à la bougie par Kalalumen, avec une magnifique Anny Duperey en lectrice d'extraits bien choisis de La Recherche... , le beau concert de guitares et chant, le concert de music-hall, très applaudi avec une soprano en pleine forme qui a enthousiasmé l'assistance en interprétant des chansons de Mistinguett, Mayol, Yvette Guilbert...(Marcel ne détestait pas aller au caf-conc), le concert de clôture avec le pianiste Bertrand Chamayou, victoire de la musique classique qui avait construit son récital autour de Venise, avec Ravel, Liszt, Wagner, sans oublier le concert avec l'orchestre régional de Normandie en l'église de Cabourg et la violoniste Sarah Nemtanu qui avec Vivaldi ,Paganini ont ''régalé'' les présents.

Les 2 conférences ont rassemblé un bel auditoire. La conférence de Luc Fraisse ''Proust et Venise'' passionnante par un passionné de Proust, chaque affirmation ou interprétation étant argumentée à partir du 1er voyage de Marcel à Venise en mai 1900 avec sa mère et où il retrouva Marie Nordlinger et Reynaldo Hahn et de la partie consacrée à Venise dans ''La Fugitive'' et l'œil cinématographique de Proust. La conférence de William C. Carter  '' Proust et les femmes'' nous a rappelé les femmes inoubliables que Proust a croisées et admirées durant sa vie depuis sa jeunesse, modèles de certains personnages rencontrés dans La Recherche.

Les conférences ''Portraits de femmes'' (qui ont connu Proust ou vécu à son époque) se sont tenues en petit comité ( 15 à 18 personnes ) dans la chambre 414 du Grand Hôtel (où Marcel n'a sans doute jamais couché) ont fait un peu entrer les auditeurs dans leur intimité : Winnaretta Singer, princesse de Polignac, grande mécène, qui reste un mystère... ; Sarah Bernhardt en s'appuyant sur le livre d'Anne Delbée ''le sourire de Sarah Bernhardt'' ; Marie Nordlinger, artiste, amie anglaise de Proust, traductrice de Ruskin, un modèle d'Albertine ; Antoinette et Lucie Faure, les filles du président, 2 sœurs très différentes, les parents de Marcel et d'Antoinette ayant un temps envisagé un mariage entre les 2 jeunes gens...

Ajoutons la belle exposition présentant la mode féminine au temps de Proust (robes d'époque sur des mannequins de cire en situation) et la projection du film '' La villa des Frémonts, Proust et les Finaly '', film aimablement prêté par le propriétaire actuel de la villa, film nous faisant entrer dans l'intimité de la famille Finaly au XIXième et XXième siècles

Quant à la pâtisserie '' le Paris – Balbec '' créé à l'occasion de ces Journées par une jeune pâtissière finaliste du concours  '' Top chef '' sur M6 , détrônera-t-elle le ''Paris-Brest '' créé en 1910 du vivant de Proust ?

Les prochaines Journées Musicales Marcel Proust auront lieu en automne 2018 avec pour thème '' Proust et la peinture ''.

                                                                                                                       Jacques Falce