Année 2020

 

Extrait du courrier du 28 juin 2020

 

       Comme je vous lai indiqué le 13 juin, le Bureau de votre Cercle sest réuni hier et a validé le programme (ci-dessous) des Conférences de lété 2020, qui auront lieu dans la Salle des Fêtes de la mairie, à 21 heures. Nous ne pourrons accueillir que 50 personnes au maximum, chacune venant avec son masque. Je vous engage donc à arriver un peu avant 21 heures. A lentrée, nous mettrons à votre disposition du gel hydroalcoolique.

 

 

 

13 juillet : J.P. Henriet : Proust en 1920, à travers sa correspondance.
20 juillet : Gérard Desanges évoquera Proust et la politique.
27 juillet : E. Dezon-Jones parlera de 
Lillustration du Côté de Guermantes.

10 août : Laure Hillerin présentera son livre Pour le Plaisir et pour le Pire.

17 août : "La couleur bleue dans la deuxième partie d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs" par Brigitte Jacouty
24 août : Laurent Fraisse évoquera le personnage de 
Rachel

 

 

 

 

Les conférences ont lieu dans la salle des fêtes de la mairie de Cabourg

50 personnes maximun

masque obligatoire

mesures de distanciation

gel hydroalcoolique à disposition

Chers Amis,

 

En ce 1ermai 2020, vous ne trouverez pas dans votre rue ou tout près, comme d’habitude, le traditionnel brin de muguet et ses délicates clochettes, odorant porte-bonheur du printemps…

 

C’est pourquoi les membres du Bureau du Cercle Littéraire, Armelle Barguillet, Annick Levrel, Laurent Fraisse et moi-même, avons pensé à vous en envoyer. Il est tout frais, tout humide encore de rosée. Et il sent très bon…

 

Nous sommes heureux de vous l’offrir en ce moment où nous espérons de tout cœur l’embellie de nos conditions de vie, si difficiles pour certains de nos compatriotes.

 

Vous le savez, Proust était un grand amateur de fleurs. Il aimait les roses, les aubépines, les œillets, les fleurs de pommier, les bluets, les catleyas… Il les « peignait » si bien pour notre plus grand plaisir. Le muguet n’était pas sa fleur favorite. Il ne l’évoque qu’une seule fois dans son œuvre immense, à la fin d’« A l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Vous trouverez ci-dessous ce passage : nous sommes dans l’atelier d’Elstir ; le narrateur est curieux de découvrir les toiles du peintre, mais il est aussi impatient qu’Elstir le présente à… Albertine.

 

Des jours meilleurs sont devant nous. Alors encore un peu de patience et de courage. Nous pensons bien à vous et nous vous préparons un bel été que nous adapterons aux évolutions de la situation sanitaire. Bien sûr, la sortie envisagée à Evreux et à Conches est reportée à plus tard. Faites attention à vous. Bonne lecture et bon 1ermai.

 

Jean-Paul Henriet

 

Président du Cercle Littéraire Proustien

Dans l’atelier d’Elstir

A l’ombre des jeunes filles en fleurs

A la recherche du temps perdu

La Pléiade, Pages 847-849, Gallimard, 1954 )

 

 

J’allais et venais, impatient qu’Elstir eût fini de travailler ; je saisissais pour les regarder des études dont beaucoup tournées contre le mur, étaient empilées les unes sur les autres. Je me trouvais ainsi mettre au jour une aquarelle qui devait être d’un temps bien plus ancien de la vie d’Elstir et me causa cette sorte particulière d’enchantement que dispensent des œuvres, non seulement d’une exécution délicieuse mais aussi d’un sujet si singulier et si séduisant, que c’est à lui que nous attribuons une partie de leur charme, comme si, ce charme, le peintre n’avait eu qu’à le découvrir, qu’à l’observer, matériellement réalisé déjà dans la nature et à le reproduire. Que de tels objets puissent exister, beaux en dehors même de l’interprétation du peintre, cela contente en nous un matérialisme inné, combattu par la raison, et sert de contre-poids aux abstractions de l’esthétique. C’était – cette aquarelle – le portrait d’une jeune femme pas jolie, mais d’un type curieux, que coiffait un serre-tête assez semblable à un chapeau melon bordé d’un ruban de soie cerise ; une de ses mains gantées de mitaines tenait une cigarette allumée, tandis que l’autre élevait à la hauteur du genou une sorte de grand chapeau de jardin, simple écran de paille contre le soleil. A côté d’elle, un porte-bouquet plein de roses sur une table. Souvent, et c’était le cas ici, la singularité de ces œuvres tient surtout à ce qu’elles ont été exécutées dans des conditions particulières dont nous ne nous rendons pas clairement compte d’abord, par exemple si la toilette étrange d’un modèle féminin est un déguisement de bal costumé, ou si au contraire le manteau rouge d’un vieillard qui a l’air de l’avoir revêtu pour se prêter à une fantaisie du peintre, est sa robe de professeur ou de conseiller, ou son camail de cardinal. Le caractère ambigu de l’être dont j’avais le portrait sous les yeux tenait, sans que je le comprisse, à ce que c’était une jeune actrice d’autrefois en demi-travesti. Mais son melon, sous lequel ses cheveux étaient bouffants, mais courts, son veston de velours sans revers ouvrant sur un plastron blanc me firent hésiter sur la date de la mode et le sexe du modèle, de façon que je ne savais pas exactement ce que j’avais sous les yeux, sinon le plus clair des morceaux de peinture. Et le plaisir qu’il me donnait était troublé seulement par la peur qu’Elstir, en s’attardant encore, me fît manquer les jeunes filles, car le soleil était déjà oblique et bas dans la petite fenêtre. Aucune chose dans cette aquarelle n’était simplement constatée en fait et peinte à cause de son utilité dans la scène, le costume parce qu’il fallait que la femme fût habillée, le porte-bouquet pour les fleurs. Le verre du porte-bouquet, aimé pour lui-même, avait l’air d’enfermer l’eau où trempaient les tiges des œillets dans quelque chose d’aussi limpide, presque d’aussi liquide qu’elle ; l’habillement de la femme l’entourait d’une matière qui avait un charme indépendant, fraternel et, si les œuvres de l’industrie pouvaient rivaliser de charme avec les merveilles de la nature, aussi délicate, aussi savoureuse au toucher du regard, aussi fraîchement peinte que la fourrure d’une chatte, les pétales d’un œillet, les plumes d’une colombe. La blancheur du plastron, d’une finesse de grésil et dont le frivole plissage avait des clochettes comme celles du muguet, s’étoilait des clairs reflets de la chambre, aigus eux-mêmes et finement nuancés comme des bouquets de fleurs qui auraient broché le linge. Et le velours du veston, brillant et nacré, avait çà et là quelque chose de hérissé, de déchiqueté et de velu qui faisait penser à l’ébouriffage des œillets dans le vase…

Cabourg, le 13 mars 2020,

 

Madame, Monsieur, Cher(e) Ami(e),

 

       Vous savez que nous avions programmé de faire une sortie, le mardi 15 avril prochain, à Evreux (Cathédrale et Musée d’Art, d’Histoire et d’Archéologie) avec notamment la découverte des superbes vitraux du chœur, certains du XIVème siècle, et leur « jaune d’Evreux » caractéristique. Proust les avait remarqués début octobre 1907 en rentrant, en auto, de Cabourg pour Paris. Il est resté à Evreux « 4 ou 5 jours » durant lesquels il a rendu visite à la marquise et au marquis de Clermont-Tonnerre à Glisolles dans leur château (dont il ne reste presque rien mais où nous avions prévu de faire un petit arrêt), à quelques kilomètres d’Evreux. Il a également visité la belle église Sainte-Foy dans un gros bourg voisin, Conches-en-Ouche, et admiré « une jolie petite Bible allemande avec des illustrations en couleur de la Renaissance », église qui « a gardé tous ses vitraux du XVIè siècle ».

 

Nous devions donc aller le matin à Evreux et l’après-midi à Glisolles et surtout à Conches.

 

  Mais le coronavirus est arrivé et les dernières recommandations gouvernementales ont bien sûr emporté notre décision de prudence prise ce matin : nous préférons reporter cette sortie à la fin du mois de mai ou en début juin, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Je ne vous joins donc pas le bulletin d’inscription. Vous aurez un nouveau courrier dans un mois environ pour vous donner la date de cette sortie.

 

   Je profite de ce courrier pour vous annoncer que nos conférences d’été reprendront chaque lundi à partir du 13 juillet (Correspondance de Marcel Proust – Année 1920) jusqu’au lundi 24 août (Le personnage de Rachel).

 

     Je vous annonce également une conférence de Monsieur Jean-Yves Tadié sur « Proust et l’argent » au Grand Hôtel le lundi 3 août 2020 à 17 heures.

 

    Enfin, une de mes amies m’a envoyé il y a peu un lien sur que j’ai plaisir à vous communiquer ci-dessous : il va vous permettre de voir des images stupéfiantes du Paris de 1890. Proust avait 20 ans… C’est magnifique !

Lien à consulter

En vous priant de nous excuser de remettre la sortie d’Evreux, et en vous conseillant de consulter régulièrement le site du « Cercle littéraire proustien de Cabourg-Balbec », je vous adresse, au nom du Bureau de notre Association, notre meilleur souvenir. Prenez soin de vous. A bientôt. Bien amicalement

 

   Jean-Paul Henriet

   Président

                                             Cabourg, le 28 décembre 2019,

Madame, Monsieur, Cher(e) Ami(e),

 

J’espère que vous avez passé de bonnes Fêtes de Noël.  Au nom du Bureau du Cercle Littéraire de Cabourg - Balbec et en mon nom personnel, je vous présente, à chacune et à chacun de vous, tous nos meilleurs vœux pour 2020, de santé, de bonheur et de paix pour vous-même, vos familles et tous ceux qui vous sont chers.

Vous trouverez ci-joint le bulletin d’’adhésion 2020 au Cercle. Nous vous remercions de nous le retourner avec le montant, inchangé, de la cotisation.

Nous vous préparons une grande année proustienne avec un premier rendez-vous, le samedi 22 février : la visite du site de « la petite église de Cricquebeuf, toute couverte et frissonnante de lierre », entre Trouville et Honfleur, avec lectures. Puis nous irons à Beaumont-en-Auge, un village que Proust a beaucoup apprécié. Nous y goûterons avant de revenir à Cabourg. Le rendez-vous est fixé à 14 h 30devant l’église de Cricquebeuf(compter 45 minutes au départ de Cabourg par la route par Périers-en-Auge, Touques, hôpital de la Côte Fleurie). Nous organiserons un co-voiturage au départ de Cabourg pour les personnes qui le souhaiteraient. Vous trouverez ci-joint le bulletin d’inscription à nous retourner rapidement avec le chèque correspondant à l’adresse habituelle :

Cercle Littéraire  29, avenue de Verdun 14390  CABOURG

Le second rendez-vous que nous vous préparons est une visite d’Evreux et notamment de la cathédrale Notre-Dame, le mardi 15 avril. Proust y alla à son retour de Cabourg, en 1907. Il y admira les verrières du chœur, certaines du XIVè siècle, avec leur célèbre « jaune d’Evreux ». Il s’en inspirera pour les vitraux de l’église de Combray. Nous déjeunerons à Evreux. Le programme et l’horaire vous seront communiqués début février. Mais retenez dès maintenant votre journée. Le rendez-vous devrait être autour de 10 h 30 sur le parvis de la Cathédrale.

Cet été, notre programme de conférences reprendra tous les lundis. Nous vous proposerons également de nouvelles visites que nous mettons au point.

Consultez régulièrement notre site Internet : il est à votre disposition avec ses actualités proustiennes, ses comptes-rendus, ses rubriques variées… N’hésitez pas à parler de nos activités à vos amis : ils sont les bienvenus.

Encore tous nos meilleurs vœux. Au plaisir de vous revoir.

Jean-Paul Henriet

         Président

Cercle littéraire - 29, avenue de Verdun  - 14390  CABOURG  Tél : 06 81 97 97 17.

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